Aller au contenu
La Puerta del Sol en 1773, avec le couvent de la Victoria à l’arrière-plan

Puerta del Sol · Madrid

Le couvent de la Victoria

Histoire du couvent disparu de Nuestra Señora de la Victoria, qui occupa pendant près de trois siècles une partie de l’ancienne Puerta del Sol avant sa démolition.

Pendant près de trois siècles, une partie importante de l’ancienne Puerta del Sol fut occupée par le couvent de Nuestra Señora de la Victoria.

L’ensemble s’étendait depuis la place vers les actuelles rues de la Victoria, de la Cruz, de Cádiz et de Carretas. Sa disparition permit d’ouvrir de nouvelles voies, de construire des commerces et de préparer l’espace qu’occuperait plus tard une partie de la place moderne.

Aujourd’hui, aucun élément visible du couvent ne subsiste. Son nom survit dans la calle de la Victoria et dans les anciennes représentations de Sol.

L’arrivée des Minimes à Madrid

Le couvent appartenait à l’ordre des Minimes de saint François de Paule. Fray Juan de Victoria demanda à Philippe II l’autorisation d’établir la communauté à Madrid, malgré l’opposition des Augustins de San Felipe el Real, dont le couvent se trouvait tout près.

La construction s’acheva en 1561 et la première messe fut célébrée le 1er août de cette même année.

L’édifice se dressait sur le côté sud-est de l’ancienne Puerta del Sol, dans un espace aujourd’hui difficile à reconnaître tant le tracé des rues a profondément changé.

Le couvent ne se limitait pas à la façade visible depuis la place. Ses dépendances, ses cours et ses jardins potagers s’étendaient à l’intérieur de l’îlot.

La Vierge de la Soledad

L’un des principaux éléments de l’église était l’image de Nuestra Señora de la Soledad, attribuée au sculpteur Gaspar Becerra.

Cette dévotion devint très populaire sous les règnes de Philippe III et de Philippe IV. L’image participait aux processions de la Semaine sainte et contribua à faire de l’église l’un des lieux de culte les plus fréquentés du quartier.

Les chroniques et la littérature mentionnent également une messe particulièrement brève, connue sous le nom populaire de misa ligera, la messe rapide. Son horaire et sa durée attiraient ceux qui souhaitaient remplir rapidement leur obligation religieuse avant de poursuivre leurs activités dans le centre.

L’église apparaît dans différentes œuvres littéraires du Siècle d’or, signe de la familiarité qu’elle inspirait aux Madrilènes.

Un obstacle urbain majeur

La présence du couvent déterminait la forme de la place.

L’ancienne Puerta del Sol était étroite et n’avait pas l’ampleur actuelle. Le Buen Suceso fermait son extrémité orientale, San Felipe dominait l’entrée de Mayor et la Victoria occupait une grande partie du côté proche de Carretas et de la Carrera de San Jerónimo.

Les édifices religieux avaient été construits à une époque où Madrid avait une tout autre échelle. Avec la croissance de la population et de la circulation, leurs murs et leurs dépendances commencèrent à être considérés comme des obstacles aux déplacements et à la création de nouveaux espaces commerciaux.

Pendant la guerre d’Indépendance, le couvent fut endommagé et dut être restauré. Quelques années plus tard, le désamortissement scella son destin.

La démolition

La communauté fut supprimée en 1836 et l’édifice finit par être démoli.

Sa disparition libéra une vaste superficie à proximité de la Puerta del Sol. De nouvelles rues, des immeubles et des commerces apparurent sur le terrain. L’une des réalisations les plus connues fut le Pasaje Matheu, un passage commercial inspiré des modèles parisiens et inauguré en 1847.

Le couvent disparut avant le début de la grande réforme de Sol en 1857. Sa démolition fut néanmoins l’un des précédents qui rendirent possible la transformation ultérieure.

La place avait besoin d’espace, et celui-ci fut obtenu en grande partie grâce à la disparition d’édifices religieux.

La rue qui en conserva le nom

Bien qu’aucune façade ni aucun vestige visible ne subsistent, la calle de la Victoria conserve le souvenir du couvent.

Son nom permet de le situer approximativement et rappelle qu’un vaste complexe religieux existait sous les îlots actuels.

L’histoire de la Victoria aide à comprendre que la Puerta del Sol ne fut pas uniquement créée par un projet architectural. Il fallut d’abord supprimer des couvents, des églises, des habitations et des rues entières.

Le grand arc d’immeubles qui semble aujourd’hui définir la place depuis toujours ne fut possible que parce qu’une partie de l’ancien Madrid avait disparu.

Questions fréquentes

Où se trouvait le couvent de la Victoria ?
Il occupait le côté sud-est de l’ancienne Puerta del Sol et s’étendait vers les actuelles rues de la Victoria, de la Cruz, de Cádiz et de Carretas.
Quand le couvent de la Victoria fut-il construit ?
Sa construction s’acheva en 1561 et la première messe y fut célébrée le 1er août de cette même année.
Qu’est-il arrivé au couvent de la Victoria ?
La communauté fut supprimée en 1836 lors du désamortissement et l’édifice finit par être démoli. Le terrain accueillit ensuite de nouvelles rues, des immeubles et des commerces.
Reste-t-il des vestiges du couvent ?
Aucun élément visible ne subsiste. Son souvenir demeure principalement dans le nom de la calle de la Victoria et dans les représentations historiques de la Puerta del Sol.

Continuez à explorer